Mind Matter, exhibition by Laurent Ajina: Lines to structure and redesign space
Laurent Ajina is interested in urban spaces, which he observes closely during his walks. He is fascinated by cities, especially megacities and their sprawling organization. Using his favorite tool, the marker, he draws lines with frenetic gestures, creating paths that are more or less linear and complex, filling the surface as if he were releasing the emotions he feels during his daily wanderings. The walls of exhibition spaces are his new field of experimentation. His wall drawings thus compose an imaginary topography and retrace or propose a journey. They suggest the possibility of an expanse, the desire to go ever further, to push beyond limits. His works question the ways in which we situate ourselves in spaces. “Mind Matter” refers to the notion of mental cartography. The lines, the artist's visual vocabulary, suggest the organization of thought, the emergence of memories, and the system of connections.
Invited to the Bertrand Grimont gallery, Laurent Ajina took over the walls. The artist presents recent works on canvas and has also created a drawing in situ.
His hanging reflects a desire to work with the volume of the gallery and show visitors different aspects of his practice.
From the corners of the gallery, blue and black lines branch out, running from the walls to the ceiling and redrawing a virtual space. Laurent Ajina has composed a wall drawing, guided by his sensations of space. Visitors are encouraged to wander around the gallery and let their gaze wander panoramically. On the walls, small acrylic canvases in different shades of blue, arranged at different levels, are crossed by lines of the same colors. These works constitute layers, growths, new points of attachment, from which the artist continues the growth of his lines.
Other large canvases, created using marker, spray paint, and acrylic on canvas, in various colors and line thicknesses, convey flows of energy, physical phenomena of transformation and movement in the landscape. These works reveal different layers, passages, circulations, and stops in a place. They concentrate within them sensations experienced during daily walks.
Different tensions coexist within Laurent Ajina's works: the relationship between limits and invasion, concentration and expansion, what fits within a frame and what overflows. His exhibition thus redefines the gallery space, inviting visitors to lose themselves by following his more or less intertwined lines.
Pauline Lisowski
Mind Matter, exposition de Laurent Ajina : Des lignes pour structurer et redessiner l’espace
Laurent Ajina s’intéresse aux espaces urbains, qu’il regarde avec attention lors de ses promenades. La ville et principalement les mégalopoles et leur organisation tentaculaire le fascinent. A l’aide de son outil favoris le marker, il, trace des lignes, d’un geste frénétique, des chemins, plus ou moins linéaires et complexe, remplit la surface, comme s’il libérait les émotions ressentis lors de ses déambulations quotidiennes. Les murs des lieux d’exposition constituent son nouveau terrain d’expériences. Ses dessins muraux composent alors une topographie imaginaire et retracent ou proposent un trajet. Ils suggèrent la possibilité d’une étendue, l’envie d’aller toujours plus loin, de dépasser les limites. Ses œuvres interrogent les manières dont nous nous situons dans les espaces. « Mind Matter » qu’on pourrait traduire par « Esprit Matière » renvoie à la notion de cartographie mentale. Les lignes, vocabulaire plastique de l’artiste, suggèrent l’organisation de la pensée, le surgissement des souvenirs et le système de connexions.
Invité à la galerie Bertrand Grimont, Laurent Ajina s’est emparé des murs. L’artiste présente à la fois des œuvres récentes sur toiles et a conçu un dessin in situ. Son accrochage relève d’une volonté de travailler sur le volume de la galerie et de montrer aux visiteurs différents pants de sa pratique.
Depuis des coins de la galerie, des lignes bleues et noires, qui se ramifient, courent des murs jusqu’au plafond et redessinent un espace virtuel. Laurent Ajina a composé un dessin mural, guidé par ses sensations de l’espace. Le visiteur est incité à déambuler dans la galerie et à faire naviguer son regard de façon panoramique. Aux murs, des petites toiles à l’acrylique de différents bleus, disposées à différents niveaux, sont traversées de lignes de ces mêmes couleurs. Ces œuvres constituent des épaisseurs, des excroissances, nouveaux points d’accroches, à partir desquelles l’artiste poursuit la croissance de ses lignes.
D’autres grandes toiles réalisées à l’aide de marker, de peinture à la bombe et d’acrylique sur toile, de diverses couleurs et épaisseurs de lignes, traduisent des flux d’énergie, des phénomènes physiques de transformation et de mouvement dans le paysage. Ces œuvres révèlent différentes strates, passages, circulations et arrêts dans un lieu. Elles concentrent en elles des sensations vécues lors de promenades quotidiennes.
Différentes tensions cohabitent au sein des œuvres de Laurent Ajina, le rapport entre la limite et l’envahissement, la concentration et le déploiement, ce qui tient dans un cadre et le débordement. Ainsi, son exposition redéfinit l’espace de la galerie, invitant à se perdre en suivant ses lignes plus ou moins enchevêtrées.
Pauline Lisowski