“Je ne peins pas l’être, je peins le passage : non un passage d’âge en autre (...), mais de jour en jour, de minute en minute. Il faut accommoder mon histoire à l’heure. Je pourrais tantôt changer, non de fortune seulement, mais aussi d’intention (...). “
Montaigne
Le passage comme transition : qu’il soit temporel, spatial, métaphorique ou physique, le passage est l’objet du travail des artistes invités par Caroline Messensee pour le second volet de cette exposition. Passeur a été exposé à Vienne l'année passée et vient cet été à Paris. La migration entretient un rapport ambigu avec l’idée de choix, de décision. Simultanément forcée et volontaire, elle est un voyage qui ne peut se réduire à l’idée du seul déplacement. Partir, s’exiler, fuir : indépendamment du degré d'urgence, on quitte toujours le connu pour gagner un inconnu pensé, imaginé, maintes fois fantasmé ou redouté. On y retrouve la confrontation au rêve, vieux comme le monde, d’un ailleurs forcément mieux que l’ici. Cette quête comprend la nécessité d’initier un processus, de chercher un chemin en se confrontant à l’étrange. Chaque artiste propose ainsi son propre dépassement de frontière, qui finit par toucher à la condition d’artiste et de citoyen.
Le choix des œuvres est nécessairement politique. Les artistes font référence directement ou indirectement aux conditions sociales, politiques et migratoires de notre temps, aux cassures et décalages et à la nécessité de redéfinir un certain nombre de systèmes politico-sociaux. La société évolue à vitesse croissante. Les passages sont plus heurtés, soudains, artificiels, violents. L'autre vie, ailleurs, n'est pas forcément meilleure. Cet exode mène à une perte évidente de repères. Les œuvres mettent en exergue les moments de coupures et de jonctions caractéristiques de ces mutations pour pénétrer dans de nouveaux espaces socioculturels.
Caroline Messensee.
Dans le cadre d’une carte blanche qu’elle s’est vu confier par la galerie viennoise Bäckerstrasse4 – plattform für junge kunst, Caroline Messensee réunit artistes autrichiens et français autour de l’idée de passeur. Tous mènent une réflexion sur le dépassement des frontières, mise en parallèle avec le questionnement sur leur condition d’artiste et de citoyen.
La migration entretient un rapport ambigu avec l’idée de choix, de décision. Simultanément forcée et volontaire, elle est un voyage qui ne peut se réduire à l’idée du seul déplacement. Partir, s’exiler, fuir, c’est se déplacer pour quitter ce que l’on connait vers un inconnu pensé, imaginé, maintes fois fantasmé ou redouté. On évoque également ici le rêve, vieux comme le monde, d’un ailleurs forcément mieux que l’ici.
Cette quête comprend la nécessité d’initier un processus, de chercher un chemin, de laisser derrière soit ce que l’on connait pour se confronter, à l’étrange. Deux axes de lecture se distinguent. Le premier correspond aux artistes qui illustrent la partie active du processus. Mehdi Melhaoui, Céline Cléron, Alan Cicmak ou encore Clément Cogitore évoquent l’action, le mouvement. Le deuxième groupe réunit les artistes s’appropriant l’espace, décrivant un endroit fantasmé ou créant un paysage imaginaire lié à l’idée de migration : Elisabeth Wedenig, Borjana Ventzislavova, Thomas Gänszler, Judith Saupper, Laurent Ajina ou encore Vincent Mauger.
Commissariat: Caroline Messensee avec le soutient du forum culturel autrichien
GALERIE WHITE PROJECT
24 rue St Claude 75003 Paris
du mardi au vendredi de 14H00 à 19H00 le samedi de 11H00 à 19H00 et sur RDV
tél: 09.60.35.69.14
info@whiteproject.fr
www.whiteproject.fr
GALERIE ODILE OUIZEMAN
10/12 rue des Coutures St Gervais 75003 Paris du mardi au vendredi de 14H00 à 19H00
le samedi de 11H00 à 19H00 et sur RDV
tél: 01.42.71.91.89
contact@galerieouizeman.com
www.galerieouizeman.com